Alors que gouvernement Allemand et partenaires sociaux s’interrogent sur l’opportunité de créer un salaire minimum, un site internet, jobdumping.de, propose depuis quelques mois un système d’enchères inversées.
Ce procédé existe déjà entre entreprises, notamment dans le secteur de la grande distribution et des services informatiques : une société lance un appel d’offres et, sur son site internet, organise des enchères où le candidat le moins cher obtient le contrat. Le système existe désormais pour les salariés. Sur le site allemand, un employeur propose un travail en fixant un salaire maximum et les demandeurs d’emplois font des enchères à la baisse. Là encore, c’est le candidat le "moins disant" qui remporte le job.
La "moinsenchère" ne peut cependant pas passer sous la barre des 3 euros de l’heure, minima fixé par le site. Il s’agit en majorité de petits boulots : réparation de voitures ou de matériel électroménager, jardinage, ou aide aux personnes âgées. Le site exploite les failles du marché du travail dans un pays où l’interim reste peu développé.
Depuis sa création en novembre, jobdumping a permis à quelque 13.000 personnes de trouver un emploi, assure son créateur, Fabian Loew, 31 ans. "Le coût du travail est invraisemblablement élevé en Allemagne, comparé aux autres pays d’Europe. Il faut une révision complète", s’est-il justifié dans l’hebdomadaire Die Zeit.
Le procédé est-il importable en France ? Non, a priori le salaire minimum préserve les travailleurs français. Serait-il souhaitable ? Même le Medef fait la moue. "Quand une entreprise recrute, c’est d’abord sur la base de compétences et sur une logique de long terme", estime l’organisation patronale qui indique, non-officiellement, ne pas trouver l’initiative sérieuse.