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Accueil du site || Actualités || Mouvements sociaux || Sony annonce la suppression de 10.000 emplois
Près l’informatique et Hewlett-Packard qui va réduire ses effectifs de 10% dans le monde d’ici 2008, c’est un leader de l’électronique grand public, Sony, qui annonce une sévère cure d’amaigrissement de ses effectifs, d’environ 7%.

Faute d’avoir su renouveler ses produits phares, la firme japonaise a annoncé ce matin une réduction de de 7% de ses effectifs et la cession ou la fermeture de onze usines • « Nous devons être comme les Russes défendant Moscou face à Napoléon », a lancé le patron de la firme •

Près l’informatique et Hewlett-Packard qui va réduire ses effectifs de 10% dans le monde d’ici 2008, c’est un leader de l’électronique grand public, Sony, qui annonce une sévère cure d’amaigrissement de ses effectifs, d’environ 7%. Le géant japonais va supprimer 10.000 emplois - 4.000 au Japon et 6.000 à l’étranger - et vendre ou fermer onze de ses 65 usines d’ici à 2007 pour faire face à ses difficultés financières. Le groupe prévoit en outre de céder de nombreux actifs afin de réaliser 120 milliards de yens (880 millions d’euros) de cessions d’ici à la fin de son exercice 2007-2008.

« Sony n’est plus l’unique alternative sur le marché », a déclaré le PDG du groupe, l’Américain d’origine galloise Howard Stringer en faisant référence à la concurrence acharnée dans les grands secteurs où le fabricant japonais est présent comme l’image ou le son. « Nous devons être continuellement compétitifs et agressifs. Nous devons être comme les Russes défendant Moscou face à Napoléon a lancé Stringer avec des intonations de samouraï. Nous devons nous battre comme les guerriers de Sony que nous sommes », a poursuivi le premier « gajin » (étranger) à diriger la multinationale japonaise.

Grâce aux suppressions d’emplois, aux fermetures d’usines et aux cessions d’actifs non stratégiques, Sony espère parvenir à des réductions de coûts de 200 milliards de yens (1,5 milliard d’euros) d’ici à la fin de l’exercice 2007-2008. L’échéancier est très serré : 80% de ces réductions devront être réalisées d’ici à mars 2007.

Le nouveau plan stratégique de Sony prévoit de revoir de fond en comble l’organisation d’un groupe tentaculaire aux innombrables divisions et une concentration sur les produits électroniques de haute définition - et toujours haut de gamme -, ainsi que sur les jeux vidéo, le pilier le plus solide de la maison et les industries de divertissement (musique et cinéma). En raison des coûts de restructuration liés à ce plan stratégique, Sony pronostique désormais à une perte nette de 10 milliards de yens (70 millions d’euros) à la fin de l’exercice actuel, en mars 2006, alors qu’il tablait auparavant sur un bénéfice net du même montant.

Nommé PDG en juin, Howard Stringer qui a auparavant réussi un redressement spectaculaire du Network américain CBS avant d’être nommé à la tête de Sony-Etats-Unis, a reçu pour mission de ressusciter le secteur électronique grand public de Sony (qui représente encore 70% des ventes annuelles du groupe).

Les spécialistes du secteur estiment que la faiblesse actuelle de Sony réside dans l’absence de produits-phares capables de servir de locomotive pour la marque comme ce fut le cas dans le passé. Et dans l’image comme dans la musique, deux activités dans lesquelles Sony s’était construit une renommée mondiale grâce à des modèles emblématiques comme les tubes cathodiques « Trinitron » et le Walkman, le fabricant japonais, très en retard à l’allumage des années 2000, s’est laissé devancer. Sony a ainsi vu Apple lui rafler la vedette sur le segment audionumérique avec la gamme iPod qui a d’emblée remisé le Walkman au placard, y compris au Japon. Dans l’image, Sony a également sous-estimé le potentiel de nouvelles technologies comme les cristaux liquides (LCD) et le plasma sur le marché de la télévision à écran plat, laissant là aussi à d’autres comme son compatriote Sharp ou les sud-coréens Samsung et LG Electronics s’engouffrer dans la brèche. « Les trains technologiques vont à toute vitesse et les rater peut coûter très très cher », commentait ce matin un analyste parisien à l’annonce ce plan attendu de longue date.

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