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Accueil du site || Actualités || Mouvements sociaux || SNCM : mise en garde du gouvernement avant la rencontre Etat-syndicats
Le gouvernement a lancé dimanche des mises en garde sur un éventuel dépôt de bilan de la SNCM, qui sonnent comme un ultimatum à la veille d’une rencontre avec les syndicats à Marseille pour tenter de résoudre ce conflit qui entre maintenant dans sa troisième semaine.

La nouvelle, dimanche, de la venue à Marseille des ministres de l’Economie Thierry Breton et des Transports Dominique Perben a précédé celle de la tenue d’un conseil d’administration de la Société nationale Corse-Méditerranée (SNCM), le 10 octobre. Selon une source proche du dossier, un éventuel dépôt de bilan pourrait y être annoncé, en cas de rejet du plan de restructuration proposé par le gouvernement.

"La logique du dépôt de bilan est en cours" depuis le 30 août, a déclaré Thierry Breton dimanche soir, faisant ainsi monter la pression, à l’instar de son collègue des Transports qui a souligné les risques de faillite en cas de refus d’un "vrai plan de reprise".

Un plan avait été présenté jeudi par le gouvernement et jugé "inacceptable" par les syndicats, en grève depuis le 20 septembre, et qui exigent toujours que l’Etat reste majoritaire dans le capital de la compagnie publique.

Les syndicats CGT-marins, majoritaire à la SNCM, et CFE-CGC voulaient croire dimanche que "si (les ministre) se dérangent, ils ont quelque chose dans leur valise", selon les termes de Jean-Paul Israël, leader de la CGT-marins de Marseille et employé de la SNCM.

Depuis vendredi soir, chaque partie campe sur ses positions.

Le Premier ministre Dominique de Villepin, après l’annonce d’un nouveau montage financier dans lequel l’Etat conserverait 25% du capital, a indiqué que son gouvernement ne pouvait "aller plus loin".

La veille, les syndicats de la SNCM avaient claqué la porte lorsque Dominique Perben était venu leur exposer cette "ultime" proposition du gouvernement : 40% du capital cédés au fonds d’investissement Butler Capital Partners (BCP), 30% à l’opérateur industriel Veolia Connex, 25% restant à l’Etat et 5% aux salariés.

"On est prêt à faire entendre au gouvernement qu’il doit rester majoritaire. On a commencé à 0%. Aujourd’hui, on est à 25%. Cela montre qu’on ne se trompe pas beaucoup", avait déclaré M. Israël.

Les syndicats de la SNCM ont reçu une douche froide le 19 septembre dernier lorsque l’Etat a envisagé la cession totale de la compagnie à un investisseur privé.

Face aux difficultés financières chroniques de la société - endettée à hauteur de 150 à 200 millions d’euros, selon Walter Butler, dirigeant du fonds BCP - les syndicats s’étaient dit prêts à l’arrivée de capitaux privés, mais pas à la privatisation totale.

En fin de semaine, le ministère des Finances a fait valoir que la cession totale de la SNCM à des investisseurs privés était un élément crucial pour obtenir l’accord de la Commission européenne au plan de sauvetage.

Ce plan prévoit aussi que l’Etat réinjectera 113 millions d’euros pour apurer une partie significative des dettes, et financera le plan social (400 suppressions d’emplois, selon Butler).

Le commissaire européen aux Transports Jacques Barrot, ancien président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, s’est montré prêt vendredi à négocier un feu vert de Bruxelles sur un nouvel apport financier de Paris à la SNCM, à condition d’obtenir la garantie d’une privatisation complète de la compagnie.

En théorie, la Commission européenne n’a pas son mot à dire sur la propriété du capital des entreprises, mais dans la pratique, les gouvernements doivent concéder des promesses de privatisation partielle ou totale en échange de son feu vert.

Les syndicats craignent pour leur part que privatisation ne rime avec hausse des tarifs et que malgré le principe de continuité territoriale, des compagnies privées rechignent à assurer des liaisons régulières en plein hiver avec la Corse lorsque celles-ci sont moins rentables.

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