Depuis 1991, date à laquelle j’ai découvert ma séropositivité, aucun emploi ne m’a été proposé dans mon domaine, la restauration.
Mon patron l’a vu d’un autre oeil : "inapte au travail".
La sanction est dure.
« Encore heureux qu’on ne soit pas en temps de guerre, sinon tous les séropositifs seraient éliminés. Cela coûte plus cher à l’Etat. Alors la Cotorep nous demande de travailler, mais sans nous fournir les clés de la réussite. Depuis 1991, date à laquelle j’ai découvert ma séropositivité, aucun emploi ne m’a été proposé dans mon domaine, la restauration. Un univers où l’on coupe, tranche et taille des morceaux de viande.
Et quand on me prétend que si je me blesse, ma maladie peut se propager, je réponds simplement qu’un bon cuisinier, séropositif ou non, se débarrasse de la nourriture en cas d’accident.
Mon patron l’a vu d’un autre oeil : "inapte au travail".
La sanction est dure.
D’ailleurs, je n’ai jamais retrouvé de poste dans le secteur.
Impossible de faire un autre métier.
Mais je comprends... L’ignorance plane toujours sur les modes de transmission du sida, même en 2005. Certains croient encore que le sida se transmet en serrant la main... Maintenant l’Etat m’oblige à mentir constamment. Avant, pourtant, je ne cachais pas mon état de santé. Mais après ces quinze années de passage à vide, sans emploi, je peux enfin monter ma propre entreprise, une boutique de fleuriste qui verra le jour à la fin du mois.
Mais dans le mensonge. Forcément. Car comment contracter un emprunt quand l’étiquette séropo vous colle à la peau ? Impossible. »
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