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Accueil du site || Actualités || SNCM : cessation de paiement inévitable si le travail ne reprend pas
Le président de la Société nationale Corse-Méditerranée, Bruno Vergobbi, a jugé "inévitable" lundi soir à Marseille la mise en cessation de paiement de la SNCM "avant la fin de la semaine", si le travail ne reprenait pas et si le plan de sauvetage de la compagnie maritime n’était pas mis en oeuvre.

Le président de la Société nationale Corse-Méditerranée, Bruno Vergobbi, a jugé "inévitable" lundi soir à Marseille la mise en cessation de paiement de la SNCM "avant la fin de la semaine", si le travail ne reprenait pas et si le plan de sauvetage de la compagnie maritime n’était pas mis en oeuvre.

"A défaut d’une reprise de l’exploitation et de la mise en oeuvre du projet de reprise, la cessation de paiement serait inévitable avant la fin de la semaine", a déclaré le PDG de la SNCM, lisant devant la presse une résolution votée par le conseil d’administration qui a duré cinq heures.

"Le conseil d’administration a pris acte de la situation de trésorerie et du risque imminent de cessation de paiement. Il a pris acte de l’existence d’un projet crédible de recapitalisation et de redressement de l’entreprise", a ajouté M. Vergobbi, se référant au projet de reprise du gouvernement, qui prévoit la prise de contrôle du tandem Butler Capital Partners-Connex.

"Le plan ne se fera pas sans les salariés. Pour avoir des bateaux qui fonctionnent, il faut que les salariés soient d’accord et a priori, ils ne le sont pas", a répliqué le secrétaire CGT du CE Bernard Marty, parti avant la fin de la réunion.

La SNCM affichait 29,7 millions d’euros de déficit fin 2004. Depuis, les pertes se chiffrent à 22 M EUR et depuis le début de la grève, le 20 septembre, la SNCM perd encore chaque semaine 1,5 M EUR de plus, selon son PDG.

Dans la matinée, la réunion de la dernière chance entre les ministres de l’Economie et des Transports, Thierry Breton et Dominique Perben, et les SNCM de la SNCM s’était soldée par un fiasco au terme d’une heure et demie de discussions.

Jugeant que les ministres avaient "claqué la porte à la négociation", les marins CGT ont voté la poursuite de la grève, pour la 21e journée consécutive.

C’était la quatrième fois que M. Perben se rendait à Marseille pour discuter du dossier SNCM, la troisième pour M. Breton.

Jean-Paul Israël, secrétaire général CGT des marins de Marseille, a indiqué être venu à la réunion avec les ministres "avec l’état d’esprit de pouvoir négocier". "On a compris que les ministres (étaient venus) pour réitérer les positions du gouvernement. Il n’y a pas eu d’espace de négociation. Mieux, ils ont claqué la porte à toute négociation de dimension nationale", a-t-il déclaré.

Le préfet de région Christian Frémont a souligné que les ministres avaient dû quitter la réunion car ils avaient des engagements "à Bruxelles en début d’après-midi" et qu’il avait poursuivi la rencontre avec les syndicats pendant une vingtaine de minutes.

"Il était entendu depuis le début de la réunion que les ministres devaient partir à midi", a de son côté indiqué Bercy.

Avant de quitter Marseille, Thierry Breton a indiqué que le montage financier de la future SNCM restait inchangé : 38% à Butler Capital Partners (BCP), 28% à la Connex, 25% à l’Etat et 9% aux salariés.

Un comité d’entreprise (CE) de la SNCM est prévu mardi matin.

Lundi matin, la confédération CGT avait semblé lâcher du lest, annonçant qu’elle ne posait plus comme préalable la question d’une participation majoritaire de l’Etat de 51%. Mais Jean-Paul Israël avait rapidement réaffirmé son attachement à "une majorité large du capital de la SNCM restant dans le giron public".

Dans l’après-midi, les deux principaux syndicats d’officiers - le Syndicat national et professionnel des officiers de la marine marchande ainsi que l’Ugict-CGT de la SNCM, ont appelé à suspendre la grève, tout comme les marins et sédentaires FO, syndicat minoritaire à la SNCM.

L’Association française des capitaines de navires (Afcan) a pour sa part dénoncé des "pratiques inacceptables" visant plusieurs officiers de la SNCM depuis le début du conflit.

Sur le port, la grève des agents CGT du port autonome de Marseille (PAM), lancée le 27 septembre - une semaine après la SNCM -, pour protester contre les menaces de privatisation du port, a pris fin lundi, un accord ayant été trouvé avec la direction. Le patronat local est cependant demeuré sceptique, affirmant que tant que la grève durait à la SNCM, il y avait toujours un risque de blocage du port.

Les protestations contre les grèves affectant durement Marseille se sont multipliées : "l’affaire a assez duré", a déclaré le président du groupe UMP au Sénat Josselin de Rohan en évoquant la grève à la SNCM.

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