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Accueil du site || Actualités || Accidents du travail || Manifestation nationale à Paris des victimes de l’amiante .
Plusieurs milliers de victimes de l’amiante —4.000 selon les organisateurs— ont commencé à défiler à Paris dans le silence, samedi peu après 14H30, pour réclamer un "procès pénal de l’amiante", qui provoque 3.000 décès par an.

"Amiante : les empoisonneurs dovient être jugés", pouvait-on lire sur la banderole de tête.

En tête du cortège, les "Veuves de Dunkerque", venues du nord de la France, tenaient en main les photos et noms de leurs maris morts de l’amiante, un matériau isolant utilisé massivement dans l’industrie et le bâtiment pendant des décennies avant son interdiction en 1996.

Plusieurs manifestants portaient aussi des pancartes blanches sur lesquelles on pouvait lire : "Pour la justice, contre l’oubli", ou encore "Amiante : 10 morts par jour. Ni responsables, ni coupables ?", ou enfin "J’ai respiré de l’amiante".

Répondant à l’appel de l’Association nationale de défense des victimes de l’amiante (Andeva, 15.000 adhérents), auquel la Fédération métallurgie CGT, la CFDT et la Fédération des Mutuelles de France se sont associées, les manifestants devaient défiler de la place Saint-Augustin, près de l’ancienne chambre syndicale de l’amiante, jusqu’aux abords du ministère de la Justice, place Vendôme (1er).

Ils dénoncent "la lenteur" des instructions pénales et réclament les "moyens nécessaires pour les magistrats des pôles judiciaires de santé publique" chargés d’instruire les dossiers.

"On est tous conscients que le procès pénal de l’amiante ne sera pas pour aujourd’hui, ni pour demain, mais il faut continuer à se battre", a déclaré au micro, juché sur un camion, le président de l’Andeva, Michel Parigot, avant le départ du défilé.

"En 1994, personne n’imaginait qu’un jour les victimes de l’amiante seraient indemnisées. En demandant ce procès, notre but c’est aussi qu’un tel crime ne se reproduise plus", a-t-il ajouté.

Comparant cette affaire de santé publique à celles "du sang contaminé ou des hormones de croissance" (l’affaire dite de l’hormone contaminée), M. Parigot réclame une "saisine globale, pour l’affaire globalement".

Jusqu’ici, des centaines de sociétés ont été condamnées pour "faute inexcusable" par les tribunaux des affaires de sécurité sociale (TASS). La dernière connue est La Samaritaine, dont la "faute inexcusable" a été reconnue par la Cour d’appel de Versailles, dans le décès d’un des salariés du grand magasin exposé à son travail pendant plus de 10 ans à l’amiante, malgré les injonctions du CHSCT et de l’inspection du travail.

Les victimes peuvent également se retourner vers le Fonds (public) d’indemnisation des victimes de l’amiante (Fiva) - une procédure extrajudiciaire qui relève du droit commun - mais elles dénoncent des barèmes d’indemnisation trop faibles.

L’Andeva réclame également "une révision de la Loi Fauchon" sur les délits non-intentionnels, qui selon elle a été "votée à la sauvette en juillet 2000 et dont l’objectif était clairement d’amnistier les responsables dans les affaires mettant en jeu la santé et la sécurité des citoyens".

L’Andeva souhaite être reçue par le Garde des sceaux, Pascal Clément, à l’issue de la manifestation.

Les effets néfastes de l’inhalation de l’amiante (fibroses pulmonaires, asbestoses) sont connus depuis le début du siècle dernier et son caractère cancérigène depuis les années 50. Les cancers qu’elle provoque (poumon et plèvre essentiellement) se manifestent en général longtemps après l’exposition, jusqu’à 30 à 40 ans après.

Les cancers liés à l’amiante causent quelque 3.000 décès par an en France et pourraient faire de 50.000 à 100.000 victimes en France d’ici 2030, selon les experts.

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