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Accueil du site || Actualités || Revue de presse || Les salariés de Fenwick renoncent aux 35 heures.
Après Hewlett-Packard et Bosch, c’est au tour du constructeur de chariots de magasinage Fenwick de revenir sur les 35 heures.

A compter du 2 janvier, les 551 salariés de l’usine de Cenon, près de Châtellerault dans la Vienne, devront travailler plus pour le même salaire.

A l’exception de SUD, les syndicats ont signé, mercredi 21 décembre, un accord qui officialise cette remise en question de la réduction du temps de travail (RTT). Les salariés des ateliers rendent neuf jours de RTT et leurs collègues des bureaux en abandonnent douze. Le temps de travail hebdomadaire passe donc de 32 à 35 heures à l’atelier et de 34,5 à 37,5 heures dans les bureaux.

Les syndicats ont pris acte du choix des 551 employés du site. Appelés par la direction à se prononcer individuellement, seuls 65 d’entre eux se sont déclarés opposés à cette réforme ; 124 n’ont pas répondu. "Une absence de réponse est considérée comme une réponse positive", précise Daniel Wilhelm, directeur de l’usine et cheville ouvrière d’une longue négociation engagée sur fond de concurrence exacerbée entre les producteurs mondiaux de matériel de manutention.

Si les salariés de Fenwick ont majoritairement accepté de revoir leurs conditions de travail, c’est parce qu’ils craignaient que leur production ne soit délocalisée en Pologne.

Depuis 1984, l’usine de Cenon est dans le giron du groupe allemand Linde, qui emploie 40 000 salariés et dont la division manutention produit quelque 110 000 chariots par an. Sous la coupe de son nouveau propriétaire, l’usine de Cenon a incontestablement grossi. En 1984, elle fabriquait environ 3 500 chariots pour le marché français. Aujourd’hui, elle en fabrique 27 000, dont près de 65 % sont exportés.

Mais la bataille est de plus en plus rude. Longtemps numéro un, Linde s’est fait ravir sa place par le groupe Toyota. Avec le développement des appels d’offres par enchères sur Internet, l’heure est aux restructurations.

Pour améliorer sa compétitivité, le groupe Linde s’est donc fixé comme objectif de gagner 15 % sur ses charges salariales. Les 17 usines européennes du groupe ont dû trouver un moyen d’y parvenir. "Sauf le Royaume-Uni, où le taux de chômage étant bas, une baisse de salaire aurait entraîné des difficultés à recruter de la main-d’oeuvre", précise Alain Ducros, délégué syndical FO de l’usine Cenon.

En France, la marque Still, qui appartient à Linde et construit également des chariots, a augmenté la durée de travail de ses 220 salariés de l’usine de Montataire (Oise). Le 2 novembre, un accord similaire à celui de Fenwick a été signé.

Dans ce contexte, la menace d’une délocalisation en Pologne est claire. "On n’a jamais rien caché. Notre volonté, n’a jamais été de licencier des gens mais de retrouver de la compétitivité à Cenon", réaffirme M. Wilhelm, qui poursuit : "Ne pas s’adapter, c’est mettre en péril la pérennité du site."

Soumises au vote des salariés, à l’été 2005, des premières propositions d’avenant à l’accord sur les 35 heures passé en 1999 ont été largement rejetées. La direction a revu sa copie et affirme que "le groupe a donné beaucoup de garanties".

Il s’est ainsi engagé à investir 10 millions d’euros à Cenon, avec une installation de peinture robotisée qui doit être opérationnelle au 31 décembre 2006 et la création d’une plate-forme logistique qui le sera au 1er mars 2007. L’accord prévoit aussi la création d’un compte épargne-temps pour l’ensemble du personnel et l’étude d’un système d’intéressement dès 2006. Surtout, il précise qu’il n’y aura pas de construction d’une nouvelle usine dans les pays de l’Est. Et garantit l’emploi à Cenon jusqu’en 2012.

Le délégué CGT Pascal Perrotin a, malgré tout, lutté contre cette augmentation du temps de travail avant de se résigner à prendre acte de la volonté de la majorité des salariés de l’usine : "Le discours était clair. Si l’on ne voulait pas que notre site soit délocalisé dans les pays de l’Est, il fallait accepter les mesures." Le directeur de l’usine reconnaît que, "si les avenants n’étaient pas acceptés, le groupe avait prévenu qu’il ne reviendrait pas avec une troisième série de propositions".

Et, aujourd’hui, M. Perrotin reste sceptique sur la fiabilité des engagements de la direction. "Syndicalement, on ne peut pas être d’accord avec ce recul social. Tout ce qu’on avait acquis jusqu’à présent, on nous le reprend. La direction, d’ici un an ou un an et demi, va peut-être nous demander 40 heures."

Le délégué CGT maintient que "les gens ont eu peur" : "Dans le Châtelleraudais, on est dans un bassin où il y a pas mal de chômage." Il affirme avoir subi des pressions, de la part d’une partie de ses collègues favorables à l’avenant.

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