Serge DUFOUR/ Représentant CGT au Conseil Supérieur de Prévention des Risques Professionnels
par Etienne Feller
Spot publicitaire de la campagne anti-tabac sur TF1 :
Écran de fumée et intoxication des cerveaux !
À qui cela peut-il profiter ?
Qui peut avoir intérêt à opposer les victimes d’expositions professionnelles à l’amiante produite choisie, commercialisée par les employeurs qui en ont caché la nocivité aux salariés durant presque un siècle (qui a déjà provoqué 35 000 victimes mortelles et d’innombrables atteintes de diverses maladies, notamment de l’appareil respiratoire, et va encore provoquer plus de 100 000 décès dans les 25 ans à venir) avec les victimes du tabagisme passif, comme actif, alors qu’on sait précisément aujourd’hui, qu’une partie du tabagisme plonge ses racines dans les conditions sociales imposées aux salariés et à leurs familles, notamment par la précarité et le stress ?
Les consommateurs de tabacs, actifs comme passifs, dans leur grande majorité, sont aussi des victimes qu’il convient de traiter comme telles et non de les stigmatiser comme des « asociaux ».
Qui peut avoir intérêt à transformer les victimes en coupables ?
Poser cette question, c’est déjà apporter la réponse !
La Santé Publique n’est ici que le prétexte, pour conduire une opération idéologique au profit du patronat qui demande justement à l’ouverture (le 20 décembre 2006) des discussions sur la branche Accidents du Travail et Maladies Professionnelle du régime général de la Sécurité Sociale, que la collectivité prenne en charge les dégâts de la plus grande catastrophe sanitaire engendrée par les choix de gestion des entreprises, qui ont recouru massivement à l’amiante, permettant, pendant ce temps, l’enrichissement de quelques magnats industriels et financiers. C’est le véritable et scandaleux objectif, allant même jusqu’à réclamer l’éventuelle institution d’une cotisation des travailleurs pour financer les dégâts de santé que leur infligent les choix de gestion de du patronat.
Une campagne anti-tabagique efficace nécessiterait d’informer l’opinion publique sur les causes sociales du tabagisme, induisant nombre de comportements individuels, dont les conditions d’emploi et de travail faites aujourd’hui de précarité, menaçantes, stressantes, … au plus grand bénéfice de la rentabilité financière, constituent les sources les plus pathogènes.
Or, pointer les responsabilités, c’est aussi instruire la compréhension des solutions à mettre en œuvre et montrer qui doit assumer les conséquences sociales et économiques des dégâts qu’ils provoquent. Au contraire, par leur manipulation, les auteurs d’une telle campagne déconsidèrent la cause qu’ils prétendent défendre, ainsi que ceux qui leur apportent leur concours, une insulte à toutes les victimes.
Les travailleurs, victimes potentielles ou avérées, peuvent compter sur la CGT pour faire échouer ces lamentables manœuvres et contribuer à la mise en place, avec eux, d’une véritable politique de prévention des risques professionnels, et obtenir justice, notamment par la réparation intégrale des préjudices provoqués par les choix de gestion des entreprises.
Montreuil, le 12 janvier 2006
Serge DUFOUR Représentant CGT au Conseil Supérieur de Prévention des Risques Professionnels