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Accueil du site || Ergonomie || L’ERGONOMIE AU TRAVAIL ET LES LESIONS DUES AUX MOUVEMENTS REPETITIFS
Rappelons tout d’abord que l’ergonomie est l’étude scientifique des conditions de travail et des relations entre l’homme et la machine. On sait que certaines conditions de travail, l’aménagement du lieu d’exercice, la rapidité de la tâche à accomplir et le poids des objets manipulés provoquent des raideurs et des douleurs articulaires lorsque les muscles et le squelette sont soumis à un stress. C’est ce que l’on appelle les troubles musculo-squelettiques (TMS).

Toute position du corps peut être inconfortable si elle est maintenue pendant une longue période. La position debout, par exemple, est une posture naturelle du corps, et ne pose en elle-même aucun problème de santé. Mais rester debout longtemps provoque des douleurs aux pieds et dans le dos ainsi qu’une fatigue musculaire généralisée. Certaines professions obligent les travailleurs à adopter des positions qui ne sont pas naturelles. Ils sont contraints de travailler le torse penché vers l’avant ou vers l’arrière ou dans un geste de torsion qui peut imposer un trop grand stress à la région lombaire. Voici des éléments de réponses aux questions que vous vous posez.

Quels sont les risques des mouvements répétitifs ?

Les mouvements répétitifs sont particulièrement dangereux lorsqu’ils font appel aux mêmes groupes de muscles et d’articulations de façon répétée et à une cadence rapide. Pour reconnaître le caractère répétitif d’une tâche, il faut décrire celle-ci sous forme d’étapes ou de cycles. Les chercheurs désignent certains emplois comme très répétitifs si le temps nécessaire pour effectuer une tâche est de moins de 30 secondes, ou peu répétitifs si le temps nécessaire est de plus de 30 secondes. Il n’existe pas de règles pour déterminer si la répétition du mouvement est faible ou élevée. Personne ne sait vraiment à quel moment les troubles musculo-squelettiques liés au travail apparaissent, ou si les travailleurs qui effectuent des tâches répétitives risquent de développer ce type de pathologie.

Qu’est ce que la force des mouvements ?

La force est la quantité d’effort que notre corps doit déployer pour soulever un objet, utiliser des outils ou se déplacer. La force utile pour effectuer un travail dépend de nombreux facteurs, notamment du poids des objets et de leur emplacement par rapport au corps. Il faut plus de force pour soulever et transporter un objet s’il est lisse et sans prise que s’il possède une poignée à tenir. Une force de plus de quatre kilogrammes est considérée comme importante. Il s’agit de la force requise pour enfoncer un clou à l’aide d’un marteau, par exemple.

Les vibrations favorisent-elles les troubles liés au travail ?

Les vibrations affectent tout l’organisme. Les travailleurs peuvent être exposés à des vibrations sur tout le corps ou localisées. Par exemple, les conducteurs de camion subissent des vibrations sur tout le corps alors que les outils électriques produisent des vibrations localisées qui les rendent plus difficiles à contrôler. Une exposition à trop de secousses peut également entraîner une perte de sensation au niveau des mains et des bras. Par conséquent, le travailleur peut mal évaluer la quantité de force nécessaire pour contrôler son outil, ou en appliquer trop, ce qui accroît la fatigue.

La température est-elle liée aux troubles musculo-squelettiques au travail ?

En général, lorsqu’il fait trop froid, ou si l’on touche des objets froids, nos mains s’engourdissent. Lorsque nos mains sont engourdies, nous sommes plus susceptibles d’évaluer la force nécessaire pour effectuer le travail ou d’en appliquer trop. Un environnement froid réduit également la souplesse du corps. Chaque mouvement effectué et chaque position adoptée supposent plus d’effort. C’est alors que les troubles musculo-squelettiques liés au travail risquent d’apparaître. Par contre, il n’y pas suffisamment de données pour établir un lien entre la chaleur et les troubles musculo-squelettiques liés au travail.

Quelles sont les blessures les plus fréquentes dues au travail de manutention ?

Il est certain que chaque travailleur qui soulève un objet ou doit le déplacer risque de subir des blessures musculo-squelettiques. Les blessures dans la région lombaire sont les plus fréquentes. L’élimination complète de ce risque n’est pas réaliste parce que la manutention suppose habituellement des positions incommodes et des mouvements répétés exigeant une certaine force. Toutefois, il est possible de réduire le nombre et la gravité des blessures liées à ce travail en ayant recours à des pratiques sécuritaires.

Comment prévenir les blessures au dos attribuables au travail de manutention ?

Pour prévenir les blessures au dos survenant au travail, il est essentiel de cerner les caractéristiques du travail de manutention qui rendent le travailleur plus vulnérable aux blessures ou qui y contribuent directement. Lorsqu’on ne s’attarde qu’à un seul facteur de risque pour tenter de prévenir les blessures liées à la manutention, on ne parvient pas à réduire véritablement le nombre de blessures. L’approche que propose l’ergonomie, et qui est d’ailleurs plus efficace, combine des connaissances et les techniques relatives à l’homme en activité, intégrant les capacités et limites de l’être humain. L’organisation du déroulement des tâches, la conception, la modification des tâches (y compris l’environnement), les procédures de sélection précédant l’embauche et, au besoin la formation sont les aspects à prendre en compte.

Comment éliminer les activités de manutention trop exigeantes ?

Il faut envisager le recours à des systèmes de manutention mécaniques ou motorisés s’il n’est pas possible d’éliminer entièrement la manutention par les travailleurs. Les aides mécaniques permettent de réduire considérablement les risques de blessures au dos en limitant l’effort physique que doit déployer le travailleur pour déplacer des objets lourds. Les aides mécaniques permettent également d’éviter de choisir les travailleurs en fonction de la tâche à effectuer, mais ces derniers doivent toutefois recevoir une bonne formation quant à l’utilisation sécuritaire de l’équipement.

Lors d’une manutention, comment éviter les mouvements qui soumettent le corps à un stress ?

Tous les matériaux doivent se trouver sur un plan de travail ajusté en fonction de la taille du travailleur. Il faut éliminer les étagères trop profondes pour que le travailleur n’ait pas à se pencher, prévoir assez d’espace pour permettre au travailleur de se tourner librement, placer les objets pour qu’ils soient faciles à atteindre, utiliser des crochets pour déplacer les objets qui n’ont pas de poignées et modifier la forme de la charge de façon à ce qu’elle puisse être transportée près du corps

Comment équilibrer la cadence de travail et les périodes de repos pour réduire les maux de dos lors d’une manutention manuelle ?

La cadence de travail imposée peut être une importante source d’inconfort chez le travailleur et peut, par conséquent, contribuer à l’apparition de blessures musculo-squelettiques, y compris les blessures dans la région lombaire. En règle générale, les pressions de la part de la direction incitant à travailler à un certain rythme imposent au cerveau l’obligation de travailler à la hâte, engendrant non seulement des tensions intellectuelles, mais aussi physiques. Les muscles tendus sont beaucoup plus exposés aux blessures musculo-squelettiques. Les recherches ont montré que les travailleurs qui gagnent leur vie en faisant de la manutention ont besoin de périodes de repos plus fréquentes et plus longues car la fatigue diminue leur capacité de travail. On sait aussi qu’il est préférable que les tâches exigeantes soient programmées en début de journée après un échauffement musculaire. Idéalement, les travailleurs devraient pouvoir progresser à leur rythme et disposer d’une certaine liberté afin de prendre une pause-repos dès qu’ils sont fatigués. Ce n’est pas toujours possible, malheureusement. Il semble raisonnable d’intégrer deux pauses de 15 minutes, au milieu de la matinée et de l’après-midi, en plus de la pause-repas. Si un tel horaire ne peut être respecté, des périodes de repos plus courtes mais plus fréquentes conviennent tout autant. Il est également important de prévoir, pour les débutants dont le travail comporte des tâches de levage et de manutention manuelle, une certaine période d’acclimatation au cours de laquelle ils pourront prendre davantage de pauses.

En fait, on constate que les principales causes des maux de dos et des troubles musculo-squelettiques dans les travaux de manutention sont dus à la fatigue autant qu’à l’inconfort. Les conditions d’exercice difficiles, les exigences de rendement ainsi que les installations et le matériel inadaptés favorisent le stress et les blessures. Les employeurs en sont presque toujours conscients et la plupart font des efforts dans ce sens, mais certains refusent encore de le voir. Des progrès ont déjà eu lieu dans ce domaine mais on peut toujours continuer à améliorer les conditions de travail. Peut-être que dans un futur proche, on trouvera des salariés heureux d’aller travailler quelque soit leur profession.

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