La CFDT reproche à l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris une rétention d’informations
par Etienne Feller
Lundi, l’AP-HP a annoncé que douze agents des services de maintenance de Saint-Louis présentent des plaques pleurales (restrictions de la capacité respiratoire), une maladie liée à l’amiante, signe de leur exposition à ce matériau. "La direction cherche à minimiser les faits" alors que "les personnels n’ont jamais été informés des risques. Aujourd’hui nous n’avons pas toutes les informations. Douze agents, ce n’est pas rien, et nous ne sommes pas convaincus qu’il n’y a en a pas ailleurs", a indiqué la CFDT de l’hôpital à l’AFP. La CFDT estime également que "les examens médicaux mis en place auprès des personnels sont prescrits au compte-goutte". Dans un communiqué, elle se dit "dans l’attente du plan d’action qui sera présenté" au prochain Comité d’hygiène, sécurité et conditions de travail (CHSCT) de l’établissement le 8 mars. Les syndicats de l’hôpital Saint-Louis ont déclenché la semaine dernière "une procédure de danger grave et imminent", a indiqué la CFDT, pour qui "la responsabilité de l’employeur est engagée". Un CHSCT central sur l’amiante (concernant les 39 établissements de l’AP-HP) se tiendra le 10 mars.
L’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a indiqué qu’un état des lieux et des matériaux contenant de l’amiante et l’identification des personnels de maintenance susceptibles d’avoir été exposés dans ses établissements seraient au centre de ce CHSCT.
Seront aussi examinées "les mesures complémentaires susceptibles d’être adoptées pour renforcer le dispositif de surveillance" des personnels susceptibles d’avoir été exposés, indique l’AP-HP (39 hôpitaux ou groupes hospitaliers, dont 17 à Paris intra-muros, 90.658 personnes employées), dans un communiqué. Un inventaire établi à partir de 1996 dans ses établissements avait fait "apparaître l’absence d’amiante friable dans 27 hôpitaux" ainsi que "de faibles quantités détectées en regard des surfaces bâties" dans les 12 autres établissements. "L’élimination ou le confinement ont été totalement réalisés", selon elle. Un second recensement a été engagé après 2001 et 2002 : en voie d’achèvement, il "montre d’ores et déjà qu’il existe de l’amiante "liée" (murs, cloisons, dalles de sol, etc) en de nombreux endroits (...) qui ne présentent aucun danger sauf lorsqu’elles font l’objet d’un intervention (perçage, coupe) sans protection adaptée", a affirmé l’AP-HP.
Guy ELKRIEF Publié le 24/02 France 3 PARIS info.