Nous voulons apporter à la directive les adaptations nécessaires pour éviter tout dumping social",
par Etienne Feller
Le président de la République française a décroché son téléphone mardi 15 mars,pour faire part de son mécontentement à José Manuel Durão Barroso concernant son intervention de la veille sur la directive Bolkestein. Jacques Chirac a ainsi rappelé sans détour au président de la Commission que le texte était en l’état totalement « inacceptable » par la France. La perspective du référendum sur la Constitution européenne, dont la date a été fixée au 29 mai 2005, n’est certainement pas étrangère à la rapidité de la réaction du chef de l’Etat.
Les partisans du rejet du texte ont, en effet, engagé une campagne très active pour convaincre les Français que cette constitution ouvre la voie à une dérive dangereuse pour les acquis sociaux des salariés hexagonaux. Leurs arguments semblent d’ailleurs obtenir un certain écho puisque les sondages font état d’une progression régulière des intentions de vote en faveur du « non ». L’opinion française est donc de plus en plus partagée. Et la montée d’un mouvement social, dont la principale revendication concerne le pouvoir d’achat, est venue compliquer encore un peu la tâche du gouvernement et des formations politiques qui préconisent la ratification de la Constitution européenne.