le viol d’une contrôleuse provoque un vaste mouvement de grève
mercredi 26 janvier
Le viol sans précédent d’une contrôleuse de la SNCF, mardi soir à bord d’un TER entre Toulouse et Cahors (Lot), a provoqué une vive émotion chez les cheminots qui s’est traduite mercredi par un mouvement de grève spontané de 24 heures touchant les trois quarts des régions de France. La direction de la SNCF a indiqué à l’AFP que, mercredi après-midi, les "trois quarts des régions" de France étaient "touchées par des grèves", source de grosse perturbations dans le trafic des TER, Corail et TGV. Le président de la SNCF, Louis Gallois, a dit "comprendre le dégoût" des contrôleurs mais a appelé au rétablissement du trafic, en mettant "tout en oeuvre pour permettre le retour des gens ce soir." "Beaucoup de contrôleurs n’assurent plus le service ce qui veut dire que le trafic est très perturbé. Je comprends leur dégoût face à cet acte odieux mais je demande aussi qu’on mette tout en oeuvre pour permettre le retour des gens chez eux ce soir" a déclaré M. Gallois à l’AFP. Une "table-ronde" avec les syndicats de cheminots, qui réclament davantage de sécurité, se tenait à la direction nationale à Paris, en fin d’après-midi. La CGT-Cheminots, majoritaire, a déclaré à l’AFP "attendre des mesures concrètes sur la sécurité" "afin de sortir" des grèves. Sud Rail, deuxième syndicat, a appelé de son côté "l’ensemble" des syndicats à "une réaction d’ampleur".
la "profonde émotion" de Louis Gallois
Selon la SNCF, "un certain nombre d’établissements de contrôleurs se sont mis en grève pour 24 heures par solidarité", une "grève imprévue" provoquée par "l’émotion", et "qui fait tâche d’huile". La direction de la SNCF était dans l’incapacité mercredi en début de soirée de faire un point national précis sur les perturbations. Les contrôleurs des régions Midi-Pyrénées, Aquitaine et Poitou-Charente ont décidé de se mettre en grève, perturbant le trafic des trains régionaux. Selon Sud-Rail, les contrôleurs ont "déposé le sac" à Bordeaux, Nîmes, Montpellier, Paris Sud-Est, Tours et Clermont-Ferrand. Le trafic des TGV, des trains Corail et TER était "fortement limité" mercredi dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), selon la direction régionale qui ajoute que "la circulation des trains en PACA sera fortement limitée et irrégulière jusqu’à jeudi après-midi". La circulation des trains au départ de Rennes est également "fortement perturbée", indique la direction de Rennes. Enfin, selon une source aéroportuaire, le trafic des TGV à destination et au départ de Roissy-Charles-de-Gaulle était également perturbé, avec "cinq trains annulés". Une contrôleuse de 31 ans a été violée mardi soir à bord d’un TER Toulouse-Cahors, par un passager qui a été interpellé et placé en garde à vue à Cahors (Lot). M. Gallois a téléphoné à la victime "pour lui faire part de sa profonde émotion, lui exprimer la solidarité de l’ensemble des cheminots et lui apporter son total soutien dans cette difficile épreuve", a indiqué la SNCF dans un communiqué. Il "a exprimé son indignation partagée par l’ensemble du personnel de la SNCF face à cet acte odieux", et "pris acte de l’arrestation rapide de l’agresseur grâce au sang-froid de la victime". L’Unsa-Cheminots a également apporté son "soutien entier et total" à la contrôleuse ainsi qu’à "tous les cheminots soumis aux pressions liées à un environnement de plus en plus hostile". Environ 8.400 contrôleurs sont employés à la SNCF, dont 18 % de femmes. En 2004, 487 agressions ont été commises à l’encontre des agents SNCF, dont 27% sur des femmes, a précisé la direction, ajoutant qu’à sa "connaissance, l’agression sexuelle commise mardi soir était sans précédent".